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--Je serais Rimbaud, tu incarneras Verlaine.
--De dix minutes, de dix ans, de cent ans mon ainé, peu importe, tu me demanderais de venir te chercher, pour à jamais me retenir à toi.
--J'y aurais tellement cru à cette époque, alors que mon père serait parti, préférant l'armée à sa femme et son propre fils, tout comme le tien. Dans le fond, ne serait-ce pas la même personne ? Cet individu qui se serait amusé dès mes sept ans, à arracher une à une les plumes de mes majestueuses ailes d'innocence jusqu'à les voir tomber à mes pieds ?
--Je me serais alors réfugié dans l'écriture. Ces lettres formées une à une par mon ultime plume retranscrivant mon malheur et ma peine dans ces mots d'abandons. Solitaire, les professeurs me remarqueraient parmi la foule, et ils représenteraient à eux seuls mes uniques amis, si l'on peut dire cela comme ça.
--Les gens crieraient dans les rues, si fort que je ne pourrais plus sortir sans me déguiser de toute sorte. Je changerais ma personnalité pour toutes ces personnes hurlant mon prénom si fort, qu'au fond de moi j'en oublierais qui je suis.
--Et dans ce temps de fracas, tu apparaitrais, seulement pour me redonner un peu de courage. Alors dans une nuit particulièrement sombre, je me cacherais du regard des autres, dans l'unique but de te retrouver. Cette plongée dans l'Inconnue pour trouver du nouveau ne m'affolerait pourtant pas, puisque tu en serais le précurseur.
--J'aurais fugué pour toi, tu quitterais femme et amis, pour moi.
--Nous partirions loin, nous cachant dans des pays étrangers, hurlant toujours plus fort notre haine devant ces personnes affamées de corps humains. A travers mes textes, ils trouveraient tout l'amour que je t'ai porté, et ne trouveraient des tiens que quelques Poèmes érotiques homosexuels.
--Je me serais offert à toi, négligeant mon passé à tout jamais pour pouvoir aimer ouvertement l'homme que tu représentais.
--J'oublierais les filles, mais pas l'alcool, me saoulant d'absinthe, me droguant de morphine, m'oubliant dans tes bras.
--Mais très tôt déjà, nos disputes apparaîtraient. Plus violentes qu'un ouragan, elles finiraient plus douces qu'un flocon de neige, tes mains caressant une fois de plus ma peau dorée, les miennes m'étreignant à ton épiderme si doux.
--Nous ferions l'amour des millions de fois, chaque fois à des endroits plus insolites les uns que les autres, m'abandonnant à toi, dérangeant nos prochains.
--Dans nos moments de pure folie, j'irais une énième fois chercher tes lèvres, te faisant promettre que plus jamais tu me tromperais.
--Et pourtant, au fur et à mesure que les mois s'écouleraient entre nos doigts, nos altercations deviendraient plus violentes. Tu me jetterais des vases à la figure, je te répondrais par une gifle majestueuse, remplis d'amour compromis, évidement.
--Et malgré cela, nous continuerions encore à nous aimer ... créant notre monde loin de ce monde décoloré. A deux nous le peindrions de mille et une couleurs, puisque après tout n'est-ce pas le rôle des poètes que nous représenterions de guider les peuples ?
--Je est un autre, et c'est dans cette perceptive que nous vivrions, écrivant toujours plus, ne publiant jamais sous nos vrais noms.
--Les hommes aux semelles de vent que nous serions, voyageraient énormément, découvrant l'Europe et le reste du monde, car tel Rimbaud qui faisait du trafique d'armes en Afrique, nous trafiquerions les têtes des ces jeunes personnes de l'autre coté du monde, les obligeant à nous vouer un culte hors du commun.
--Cependant, cette liaison tumultueuse se terminerait tragiquement. Un soir, je te rejoindrais dans l'unique but de te quitter à jamais. J'aurais préalablement imaginé cette dispute qui suivrait, mais certainement pas à l'échelle de celle qui aurait suivi.
--Quel ironie, tu serais né dans le Nord, je serais mort dans le Sud ... cela ne pouvais qu'être un sort du destin. Car ce soir là, tu m'assassinerais de deux balles, la première me blessant au poignet, la seconde m'arrachant le ventre, car toi, à la différence de ce cher Verlaine, tu ne te serais pas raté.
•ll ***Le monde a soif d'amour : tu viendras l'apaiser.*** ll•
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